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A lire les jours de pluie

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1 A lire les jours de pluie le Mer 15 Nov - 7:12

steph


Zornien à phrase
Zornien à phrase
j’ai fait un cauchemar cette nuit... je veux dire pas le même que d’habitude. sur un monstre vrac je tirais le secours et il ne s'ouvrait pas... je voyais le sol se rapprocher. alors j’ai ramené le secours à moi par les suspentes, j’ai enlevé la clée et rebalancé le tout. Il s’est ouvert juste avant que j'arrive au sol... c’était bizarre de faire certains gestes de survie, avec une efficacité maximale en se disant que sans doute il était trop tard mais qu'il fallait que je tente ma chance. et ça a marché.

Une assez belle matinée d’automne malgré tout. Je ressasse des idées noire, je sais la seule chose qui pourra m’en sortir, me faire oublier un temps mes obsessions. C’est un besoin, un appel. je vais voler. Le vol est pour moi une raison de vivre, un peu une thérapie, peut être parce que pour un temps ça me rapproche d’elle. ça me réconcilie un peu avec la vie. C’est incroyable de se retrouver seul parfois 2000m au dessus de tout, avoir voyagé dans un ascenseur invisible, embrasser un paysage immense et n'avoir rien que quelques bouts de ficelles et de tissus autour de soi. Flotter dans l'air, un chiffon au dessus de la tête. Il n’y a que le parapente qui offre autant de magie, autant de liberté.

Les prévis de ce matin ne sont pas très optimistes malgré le ciel bleu, grosse instabilité avec l’arrivée d’un front froid… risques d’orages importants. Je me dépêche, je jette mon dévolu sur un petit site que je connais bien en bord de mer. Arrivé sur place le ciel est déjà bien chargé… j’ai vu pire, et puis surtout, il faut que je vole. Récemment je me suis fais une réflexion, je me suis dit soit je continu comme je fais, souvent sur le fil du rasoir et je prends mon pieds mais je vais finir par me gaufrer, sois je me calme mais je vais me faire chier. C’est tout décidé, d’ailleurs je n’ai pas eu d’hésitation, je vais garder ce plaisir la. Au déco le vent est faible mais de face, curieusement les nuages défilent dans l’autre sens et assez vite... je ne m’en formalise pas et déplie mon aile, comme toujours avec fébrilité, je ne veux pas rater la moindre minute de vol. je me mets en l’air, ça tient devant le déco, un grand sourire me mange la figure, ça faisait longtemps. Je fais quelques allés-retours, puis je me lâche un peu : wings, posé hélico, posé 3/6 et redécollage de la plage, le top étant de venir touché le sable avec la main et le stabilo et de raccrocher directement dans le dynamique sans poser les pieds au sol. Grosse banane garantie. Pendant ce temps je ne porte pas trop d’attention à la couche nuageuse qui se soude progressivement et s’assombrit. Après une heure de vol et de wagas dans ce flux laminaire je me sens tiré par le haut. Chouette ça monte, je vais peut être même avoir de quoi envoyer une SAT. Je me laisse monter par ce thermique doux et inhabituel par ici quand le soleil ne tape pas sur la plage. Je prends 200m, 300m et la je commence vraiment à me poser des questions, je ne suis presque jamais monté si haut sur ce site. j’en suis la de mes considérations quand je commence à me faire secouer sévèrement. je tiens ma voile, c’est ma priorité du moment. Je dois être dans la couche de cisaillements. A mon grand étonnement je continu de monter, et occupé à tenir mon aile je n’ai pas vu que je me suis beaucoup décalé au dessus de la mer et que ça va de plus en plus vite. Le vent maintenant me pousse vers le large ?!. Vite je fais demi tour, et j’allume mon vario ; il m’indique +2, ça va ce n’est pas ça qui va m’aspirer. Mon problème maintenant c’est que je suis assez loin au dessus de la mer et que le vent me contre. Je continu de monter alors j’enfonce le barreau. A fond de 2e barreau j’avance bien mais progressivement je vois ma vitesse sol diminuer et mon altitude qui augmente toujours… je fais les oreilles mais ça monte toujours, et de plus en plus fort, le vario commence à couiner, je suis a +3 avec les oreilles et l’accélerateur. Ouah la c’est chaud ! je ne peux pas engager de 3/6, ça me décalerait encore plus au dessus de la mer. Et il n’y a pas un bateau en vue. C’est en voyant que je commence à reculer que je réalise la gravité de la situation. je suis en train de me faire bouffer par un nuage qui s’éloigne au dessus de la mer et je suis dans une merde noire. Maintenant je recule franchement et les turbulences m’obligent à relacher l’accélérateur. Je ne sais plus quoi faire, je monte toujours, le vario crie de plus en plus fort, je suis maintenant à+5. je décide de garder mon cap vers la terre le temps d’évaluer les différentes possibilités. Je regarde partout autour, pas de bateau, pas d’île… je sais que je vais aller à la flotte. Le vario s’embale, +7, +9, maintenant je dois descendre, je préfère l’eau plutôt que ce nuage noir opaque. Je suis a 600m, j’engage les 3/6. le vario se calme mais la terre s’éloigne. J’engage fort, je parviens juste à me maintenir en altitude mais c’est très physique dans la turbulence et je ne descends presque pas ! et la terre qui s’éloigne… je relâche tout, +12. je tire les B, +3. c’est un monstre que j’ai au dessus de la tête. Ma voile se tord de douleur, elle part dans tous les sens. elle cravate à droite et je relâche les B mais elle part de suite en autorotation. Je contre instantanément… ma main se prend dans la drisse de l’accélérateur qui forme une laisse au niveau des élévateurs. Quand je la libère je suis dans une autorot bien installée, ça commence à partir très fort.
Curieux le sentiment que j’ai à ce moment. Je suis très embété mais pas la moindre panique. Comme si je me voyais de l’extérieur. je n’ai pas d’émotion, je suis juste efficace. dans une situation urgente on hiérarchise les priorités, on se mobilise totalement pour l’action vitale du moment sans penser à rien d’autre pour une efficacité maximale. Il y a des chose à faire dans un ordre précis et toute mon énergie est consacrée à ça. Je tente un décro, j’appuie du coté opposé à la rotation comme un malade mais je n’y arrive pas, il faut que je tourne mon bras et que je verrouille mon coude droit pour arriver à décrocher la partie encore ouverte, tendue par la vitesse de la rotation. Ça décroche proprement, je me trouve dans une config à peu près connue, marche arrière et je sors très vite, la voile revole. C’est alors que je réalise que je ne vois plus rien, je ne sais pas ou est l’eau, je ne sais pas ou est le ciel, je ne sais pas si je tourne, je suis dans le nuage. malgré l’autorot, malgré le décro, j’ai encore pris de l’altitude. Coup d’œil sur le vario, je suis maintenant à 950m. je réfléchis tout en essayant de maîtriser les ruades de ma voile. Que dois-je faire maintenant ? le vario m’indique +15. je sais que je suis incapable de tenir –15 pendant plusieurs minutes. Je suis un peu détaché mais concentré, ce que je sais faire et qui chute le plus fort c’est le décro, alors sans grande conviction je décroche mon aile. J’essaie quand même de le tenir, mais c’est hyper physique, je pars dans tous les sens, mes jambes battent l’air à la recherche d’équilibre, j’ai un mal de chien à bloquer mes coudes pour les empêcher de remonter. Je tente un regard furtif sur le vario :+2. merde. Je tiens ce que je peux mais un de mes bras finit par se faire arracher de sa position, je ne fais plus dans la dentelle alors je relâche tout d’un coup et elle revole. Je commence à avoir froid, j’ai une paire de gants et un coupe vent mais je ne suis pas équipé pour du grand froid. la pluie commence à me gifler le visage, je vais décidément avoir droit à tout. Je suis bientôt trempé, frigorifié. Je ne cherche plus à descendre, je cherche juste à éviter de tomber dans ma voile… et encore, c’est peut être la meilleure solution ? mais je n’ai pas de secours, je ne peux pas m’y résoudre. la pluie cède bientôt la place à la grêle qui me martèle impitoyablement.

Ça monte, le vario hurle, la voile est folle, je me résigne. Je lâche mes freins, je me recroqueville en boule et je me laisse aller. J’ai peur de la mort, je la sens la, toute proche. Mon cerveau s’engourdit en même temps que mes membres, il fait un froid terrible, j’ai envie de dormir. La dernière image est celle de mon vario qui indique +25m/s et 6250m. ma dernière pensée est pour elle. Je perds connaissance.

Je me réveille dans un brouillard opaque, je n’ai plus vraiment froid. soudain une lumière devant : le soleil ! je sors des nuées sous ce soleil éclatant, il me réchauffe un peu le cœur. Je me remémore les derniers instants dont je me souvient, l’horreur absolue, le chaos, l’enfer. comment ai-je pu m’en sortir ? Quelle a été la duré de ma perte de connaissance ? La mer partout tout autour, tout est calme, le grand bleu, tant dessus que dessous. Me voilà enfin sorti du ventre de ce monstre. Je suis très haut et les vagues forment de petites rides rapprochées à la surface de l’eau. Mais je ne sais pas ou je suis, je ne sais pas ou est la terre. je profite de l’altitude pour scruter l’horizon, mais je ne vois rien vers ou aller, pas de terre, pas un bateau. J’ai peur. je me laisse descendre doucement, sans savoir quoi faire. Au bout de plusieurs minutes j’aperçois un point blanc qui semble bouger. Je me dirige vers cette source de vie, je me raccroche à cet espoir. Il semble que c’est un oiseau, il me faut encore plusieurs minutes pour réussir à m’en rapprocher un peu. Il fait de grands cercle et semble se maintenir en l’air sans efforts, presque sans battre des ailes. Il semble immense, mais dès que je me rapproche de trop il cesse sa spirale et s’éloigne de sorte que je ne peux jamais le voir de près. Mon altitude diminue, je ne vois toujours rien à l’horizon et je sens arriver la fin de mon vol. j’ai peur de souffrir, j’ai peur du noir, j’ai peur de l’eau. il aurait mieux valu que je ne reprenne pas connaissance. que pourra t’il faire pour moi une fois que je serais dans l’eau ? rien mais cette parcelle de vie m’attire comme un aimant. Peut être me prend il pour un compagnon de jeu, il ne se laisse jamais distancer mais jamais approcher non plus. Je suis très bas quand soudain je le vois monter en larges spirales. Il ne bat pas des ailes.

L’eau en dessous de lui bouge, peut être un banc de poisson ? je ne sais pas. naturellement je m’y dirige, et à son aplomb je sens une turbulence. ça monte ! ça ne devrait pas durer, il n’y a pas de thermiques au dessus de la mer ? Mais ça continu de monter, comme si une colonne d’air sortait de l'eau. je m’accroche, je n’hésite pas une seule seconde à prolonger ce vol, on ne sais jamais. c’est turbulent, je me bats, et soudain l’ascendance se renforce, j’enroule, je me raccroche à ce thermique fou comme à une bouée, plus je m’élève plus il est facile à centrer, il s’élargit, la masse d’air se dilate sous l’effet de la montée, bientôt ça n’est même plus turbulent, la montée se poursuit comme dans un rêve. Perdu dans une immensité bleue je ne boude pas ce répit que m’accorde le destin. Mon ascension se poursuit ainsi jusque très haut. Pas de cum pour matérialiser cette ascendance, la masse d’air a t’elle changé ? Elle est visiblement beaucoup plus sèche. tout a l’heure ça formait en dessous de 900m. combien de temps ai-je ainsi dérivé dans ce nuage monstrueux ?. je n’ai pas de montre, mon vario ne fonctionne plus. Je cherche ce qui a causé l’agitation de l’eau… ça fait longtemps que je l’ai perdu de vue, concentré sur mes sensations pour ne pas perdre le thermique. Peut être si c’était un banc de poissons a t’il plongé comme moi je plonge dans cette immensité de bleu. Je suis sidéré par ce plafond incroyable, moi qui pensais ne jamais trouver un thermique au dessus de l’eau. j’essai de rester au sommet de l’ascendance mais bientôt je descend à nouveau, la source s’est tarie ou bien je l’ai perdue. Alors je me laisse glisser. Je me dirige vers cet oiseau que j’aperçois toujours au loin. Après tout c’est grâce à lui que j’ai trouvé ce thermique salvateur. Je me laisse voler à sa poursuite et le même scénario se reproduit, l’eau en dessous de lui s’agite, les reflets du soleil me montrent qu’il se passe quelque chose d’anormal. Je me jette en dessous de lui et enroule comme tout a l’heure cette colonne miraculeuse. Mon guide a beaucoup d’avance sur moi, je ne vois parfois qu’un point au dessus de moi mais je suis de plus en plus persuadé qu’il m’attendra. A peine le temps d’arriver au sommet de cette montagne d’air que je me jette à sa poursuite, il a reprit son vol rectiligne et parfois l’angoisse me saisit quand je le perds de vue. Mon vol se poursuit ainsi pendant ce qui semble être des heures, d’ascendance en ascendance.

Je suis en train de faire mon dixième plafond, comme autant d’années, comme autant de fois que je me suis relevé pour décider de vivre malgré tout, quand sur l’horizon j’aperçois une ligne plus sombre, un relief, la terre ! au fil du temps je me rapproche, dans une glissade sans fin. Je distingue maintenant des reliefs, puis des étendues d’eau, des forets. Cette terre est magnifique, parsemée de lacs, de collines et de prairies aux mille nuances de vert. Elle semble inhabitée, je ne distingue pas de trace de vie. Elle s’étend à perte de vue, est-ce une île ? un continent ? je n’ai pas la moindre idée de l’endroit où je suis, je suis totalement désorienté, tout le temps j’ai eu plus ou moins l’impression de revenir vers mon point de départ mais ce que je vois ne ressemble à rien de ce que j’ai pu survoler. Après un long dernier plané je me pose sur la plage, l’air est doux et un vent léger me caresse le visage. l’oiseau qui m’a guidé tourne au dessus de moi, il semble me regarder. quelques tours puis il s’en va, il repart de la ou il est venu. Il a donc bien fait ce voyage pour moi. Je lui crie ma reconnaissance, il m’a sauvé la vie. Je le regarde longuement s’éloigner, en repensant aux étapes de cet incroyable vol. je ne pourrai même pas le raconter, personne ne croira jamais une histoire pareil ! je sens une présence derrière moi et me retourne.

Elle est la devant moi. Aussi belle que la dernière fois que je l’ai vue il y a plus de dix ans, ce terrible matin que je voudrais oublier. Dix ans pendant lesquelles seul le vol me rattachait à la vie, dix ans à ressasser les mots que j’aurais voulu lui dire, les gestes que je n’avais pas fait, l’amour que je n’avais pas eu le temps de lui donné, dix ans à injurier ce destin qui me l’avait arrachée, qui m’avait amputé d’une partie de moi. Elle est la et elle me regarde, avec ce sourire que j’avais gardé intact dans ma mémoire. Une larme coule sur sa joue. Je viens de comprendre, je m’effondre à ses pieds, elle me prend dans ses bras. Plus jamais nous ne serons séparés.

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2 Re: A lire les jours de pluie le Mer 15 Nov - 8:51

Laurent


Admin
Hé bé.

(Steph la marque de la bière de ton avatar c'est pas une Kro...)

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3 Re: A lire les jours de pluie le Mer 15 Nov - 20:34

Francis 57850


Zornien d'emphase
Zornien d'emphase
bravo Steph!........c'est ...... beau !

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4 Re: A lire les jours de pluie le Jeu 16 Nov - 6:40

steph


Zornien à phrase
Zornien à phrase
C'est beau... Mais c'est pas de moi

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5 Re: A lire les jours de pluie le Ven 17 Nov - 12:16

Laurent


Admin
Dans le même genre mais vrai et moins poétique :
http://mbong.free.fr/Stories/Congestus.pdf

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6 Re: A lire les jours de pluie Aujourd'hui à 3:30

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